Désirs d'Avenir Nice 06 - La voie "Royal"

Comité Désirs d'Avenir à Nice et dans les Alpes-Maritimes

09 novembre 2009

BERLIN : Discours de Ségolène Royal Berlin, le 8 Novembre 2009

Institut pour la Diplomatie Culturelle

 

Discours de Ségolène Royal. Berlin, le 8 Novembre 2009

Discours de Ségolène Royal 

Berlin, le 8 Novembre 2009 

Institut pour la Diplomatie Culturelle 

 

Messieurs les Présidents, 

Mesdames et Messieurs les Premiers Ministres, 

Mesdames et Messieurs les Ministres, 

Mesdames et Messieurs les Députés et Sénateurs, 

Vos Excellences, 

Mesdames et Messieurs, 

  

Je suis heureuse d'être parmi vous ce soir, afin de célébrer le 20ème anniversaire de la chute du mur de Berlin. 

  

J'aimerais remercier l'Institut de Diplomatie Culturelle, et plus particulièrement son directeur, Mark Donfried, pour son invitation. 

  

Je perçois trois niveaux principaux de signification de la chute du mur de Berlin : le début de la réunification de l'Allemagne, le début de la fin de la Guerre Froide et le début de la réunification de l'Europe.  

  

Je commencerai par les deux premiers niveaux, mais j’insisterai davantage sur le niveau européen puisqu'étant une femme politique française à Berlin, cela me semble être le point le plus essentiel. Cela me permettra d’insister sur un élément majeur de mon engagement politique : le rêve des États-Unis d’Europe. Même si dans mon pays, voire dans mon propre camp, beaucoup ont été surpris de me voir, pendant la campagne des élections européennes, à Athènes avec mon ami George Papandréou, l’actuel Premier Ministre de Grèce, à Nantes avec mes camarades socialistes français, insister encore et encore sur cette idée, je voudrais profiter de l’occasion qui m’est ici donnée, pour l’approfondir. 

  

Certaines dates seront à tout jamais gravées dans le grand livre de l’histoire de l’humanité. Le 9 Novembre 1989, le jour de la chute du Mur de Berlin, est l’une d’entre elles. 

Aujourd’hui encore, je me souviens de ce jour. Quelques images me reviennent. 

Des visages heureux, des milliers de Berlinois qui marchent, en scandant « Wir sind das volk » : « Nous sommes le peuple ». 

Un slogan qui se transforme, au fil des heures, en « Wir sind ein volk » : « Nous sommes UN peuple ». 

Tout est dans ce glissement, cette cohésion spontanée, cette fraternisation autour d’un mur qui s’effondre pour réunir l’Allemagne en un seul et unique peuple, comme une digue qui aurait cédé pour libérer une eau trop longtemps retenue. Et tout cela sans un blessé, sans une victime. 

Je me souviens des mains qui se tendent, des corps qui se serrent, des familles qui se retrouvent, des concerts improvisés, du grand Miroslav Rostropovitch jouant du violoncelle au milieu des gravats, des groupes qui chantent, dansent, brandissent des drapeaux sur des morceaux de pierre tagués de graffitis, des coups de marteaux qui faisaient tomber ce mur, de tous ceux qui en mettaient un petit bout dans leur poche comme on emporte un bout d’histoire. 

Je me souviens de ces toasts improvisés, de cette allégresse, des visages des gardes-frontières est-allemands, partagés entre l’étonnement et l’émotion… 

Une foule qui rit … Ein Volk… un seul et même peuple. 

Je me souviens de ces journées, que nous suivions, heure par heure, de cet évènement qui paraissait encore impossible quelques mois auparavant. 

Rares étaient à l'époque les analystes et les experts en soviétologie qui avaient anticipé ce qu'il advint. A quelques exceptions près, ils expliquaient depuis toujours que, de l'autre côté du rideau de fer, rien ne changerait jamais ; qu'à nouveau et comme toujours la répression s'abattrait ; qu'il ne fallait pas être dupes de M. Gorbatchev, disaient-ils encore en 1989, dont la glasnost et la perestroïka n'étaient que des leurres destinés à désarmer l'Occident. Peu importait que le chef du Kremlin parlât de l'Europe comme d'une « maison commune », qu'il ait organisé pour la première fois des élections pluralistes, qu'Andrei Sakharov siégeât au nouveau Parlement : il était acquis pour ces experts que l'histoire était condamnée à se répéter. 

  

Ceux qui ont sous-estimé l'ampleur des changements introduits par M. Gorbatchev et ceux (souvent les mêmes...) qui lui ont reproché d'avoir été l'apprenti-sorcier du délitement involontaire de l'empire soviétique ont sous-estimé le rôle historique et bénéfique de ce grand dirigeant. Lucide sur l'échec du système soviétique et décidé à le réformer, il eut l'intelligence et le courage de refuser la répression. De cela, nous sommes tous redevables à M. Gorbatchev. 

  

Il y a, dans la chute du Mur de Berlin, l’une des plus belles leçons qui soient. Quelles que soient les circonstances, quelles que soient les rôles plus ou moins avérés des dirigeants soviétiques, américains, allemands, français ou britanniques, il n’y a, au-delà du ballet diplomatique souterrain, au-delà des déclarations publiques, qu’une seule vérité  : rien ne peut résister à la force d’un peuple en marche. Aucune dictature, aucun système totalitaire, aucune démocratie dévoyée, ne peut résister à l’élan d’un peuple qui décide, un jour, de dire « NON ». 

Tous les régimes pervers s’écroulent grâce à la force et au courage des citoyens. 

Tous les régimes démocratiques s’élèvent grâce à la force et au courage des citoyens. 

Ce jour-là, j’ai pensé : « Tout est possible. Aucun mur ne peut résister à la détermination d’une poignée d’individus qui sont d’abord quelques gouttes d’eau, puis forment un ruisseau, puis une rivière, puis un océan ». 

La chute du Mur de Berlin, précédée, 10 ans auparavant, par la révolte en Pologne du syndicat Solidarnosc, précéda la chute de l’empire Soviétique en 1991. 

Le communisme soviétique, cette doctrine détournée, ce dévoiement d’espoir, qui se transforma très vite en tyrannie destructrice de vies humaines, de consciences, de créativité, de liberté, d’égalité, de fraternité, s'écroula en quelques douze années. 

Oui, 1989 fut une année mémorable, qui vit le peuple allemand mettre à bas un mur de honte, l'URSS retirer ses troupes d'Afghanistan,la Pologne élire un gouvernement non communiste,l'Afrique du Sud choisir Nelson Mandela pour abattre cet autre mur qu'était l'apartheid,Pinochet quitter enfin le pouvoir,le Brésil organiser lui aussi ses premières élections libres depuis 30 ans,la Hongrie ouvrir sa frontière avec l'Autriche et changer de gouvernement,la « révolution de velours » triompher en Tchécoslovaquie,les régimes bulgares et roumains être renversés. 

  

N'oublions pas qu'en Chine aussi, les étudiants et bien d'autres avec eux avaient fait leur cet idéal. Mais là-bas, 1989, ce fut l'instauration de la loi martiale au Tibet et l'écrasement des démocrates de la Place Tien An Men, que nous n'oublierons jamais. 

  

Aujourd’hui, en 2009, le peuple iranien puise aussi son inspiration de la leçon qui nous a été donnée par le peuple allemand de 1989. 

  

En France, cette année-là, nous célébrions le Bicentenaire de notre Révolution. 14 juillet, 9 novembre… nous pouvions rêver d’un monde débarrassé de l'injustice. 

  

Et, dans cette euphorie de liberté, dans cette allégresse dont nous vibrions tous à voir le peuple allemand danser et chanter, nous avons cru, quelques semaines, quelques mois, que le monde allait vraiment changer, que ce monde serait enfin libéré de la scission Est-Ouest, de cette guerre froide. 

C’était en partie vrai. 

Mais quelques intellectuels, comme Emmanuel Lévinas, comme toujours visionnaire, nous mirent en garde, au début des années 1990. 

Le grand philosophe nous disait : « Attention ! S’il s’agit bien de la fin d’une tyrannie évidente, c’est aussi la fin d’une espérance, même dévoyée. Gare à l’avènement d’un temps sans promesses.» 

Une mise en garde prophétique, annonciatrice de la crise que nous vivons aujourd’hui : crise économique, environnementale, éthique, issue incontestablement de ce temps où l’ultralibéralisme et le capitalisme financier se sont mis à confisquer les promesses, à dévoyer les espérances, là où une gouvernance mondiale devrait être capable de servir le progrès de l'humanité. 

Oui, le mur de Berlin est tombé, ce mur qui balafrait l’Allemagne depuis Août 1961. 

Mais d’autres murs ont été érigés. 

Le mur de plus de 700 kms de long entre Israël et la Palestine, la barrière électrifiée qui sépare depuis 1953 les deux Corées, celle que l’Inde a érigé à sa frontière avec le Bangladesh, le mur qui sépare les États-Unis du Mexique, le mur de Chypre. 

Il existe sur cette planète des dizaines de murs, physiques mais aussi socio-économiques, construits pour se protéger de l’autre, l’enfermer, l’encercler, le maintenir dans un ghetto, l’empêcher de se déplacer. 

Ces murs tomberont un jour comme est tombé le Mur de Berlin, par la force des peuples. 

Mais ces murs ne sont rien comparés aux barrières infranchissables qui enferment nos décisions. Il est plus facile de faire tomber les barricades que les barrières mentales. Des murs physiques existent mais nous savons également que des murs d'idéologies détournées enferment également le monde : le fanatisme terroriste qui instrumentalise la religion, le fanatisme économique et l'inertie écologique mènent également le monde à sa perte. 

Oui, les murs invisibles existent, parfois plus coriaces que les barricades, et ils ne peuvent être abattus que par la volonté politique et par des lois, des droits et des devoirs démocratiquement partagés. 

Nous sommes ici à Berlin, ville symbole d’un pays qui a su faire tomber un mur de pierre mais aussi, plus fondamentalement, le mur mental de la tyrannie. 

Je ne peux m'empêcher de comparer la chute du mur de Berlin avec la prise de la Bastille, et vous dire encore et encore à quel point est essentielle la fraternité qui lie la France et l'Allemagne. 

Depuis 50 ans, nos deux pays avancent main dans la main, dans une union sans cesse renouvelée, qui ne cède jamais, malgré quelques grincements ou quelques enlisements ponctuels. 

Quand le mur est tombé, j’étais Députée des Deux Sèvres depuis un an. 

Après avoir travaillé pendant 7 ans comme proche collaboratrice auprès du Président de la République française, un homme qui m’a beaucoup appris en politique, qui m’a inspirée, qui avait traversé le chaos du 20ème siècle, qui portait cette histoire et qui l’a incarnée… François Mitterrand.  

François Mitterrand et Willy Brandt partageaient le même rêve d'une Europe plus humaine, plus juste et plus inventive. 

Et je me souviens de lui, avec Helmut Kohl, hissant si haut le drapeau de la fraternité franco-allemande. 

Il y a eu bien sûr cet instant inoubliable, cette réinvention du lien entre nos deux pays, le 22 Septembre 1984, à Verdun. 

Je n’oublierai jamais cette image, les deux mains serrées de François Mitterrand et Helmut Kohl, dans un geste si intense de recueillement et de fraternité. 

Il y eut aussi ces mots, parmi les derniers que prononça le Président dans sa fonction officielle. C’était ici, à Berlin, le 8 Mai 1995, pour les commémorations du 50ième anniversaire de la fin de la Seconde guerre mondiale. 

Ce jour-là, François Mitterrand exprima sa fierté d’être dans votre capitale, pour accomplir l’un de ses derniers actes de Président de la République française, lui qui n’eut de cesse d’œuvrer pour renforcer les liens entre nos deux pays. 

Ce jour-là, il eut des mots très simples, très épurés : 

« Étrange, cruelle, belle et forte aventure, déclara t-il, que celle de ces peuples frères auxquels il aura fallu plus d’un millénaire pour se reconnaître tels qu’ils sont, pour s’admettre, pour s’unir… pour revenir ensemble à leur propre source ». 

C’est exactement ce que je voudrais vous dire ce soir. 

Nous voilà, vous et nous, revenus ensemble à notre propre source pour célébrer ensemble la chute d’un mur et la réunification d’un peuple qui plus qu’aucun autre en Europe, a su regarder en face, les yeux grands ouverts, sa propre histoire, sans effacer sa part la plus obscure pour faire vivre et vibrer sa part de lumière sur la scène du monde. 

Oui, je me souviens de ces journées historiques. 

Si l’Europe s’est construite en partie sur le couple franco-allemand, elle est aujourd’hui constituée de 27 Etats membres qui aspirent tous à la démocratie, au partage des richesses, à la création d’une véritable entité politique, forte de ses différences, capable de peser par ses décisions économiques et diplomatiques sur l’avenir de la planète. 

A l'échelle de l'histoire, l'Europe politique est encore très jeune et très embryonnaire, même si le Traité de Lisbonne, aussi imparfait soit-il, représente une avancée, avec, naturellement, la création de la fonction de Président du conseil Européen. 

  

Mais nous devons aller plus loin. 

  

L'Europe de la culture, elle, est plusieurs fois centenaire. 

  

Elle est fille des grandes universités médiévales – Bologne, Oxford, la Sorbonne, Cracovie... – entre lesquelles, déjà, on circulait pour partager le savoir et les espérances. 

Elle est fille des voyageurs humanistes de la Renaissance. 

Fille des Lumières et des controverses qu'elles suscitèrent d'un bout à l'autre du continent. 

Fille de la conquête de la liberté de conscience, de pensée et de culte. 

  

Oui, l’Europe de la culture peut être fière de ses siècles de dialogue et de créations. Et lorsque je regarde l'extraordinaire bourgeonnement culturel de Berlin aujourd'hui, après des décennies de suffocation, je suis plus que jamais convaincue de l'importance de la croyance essentielle que nous partageons en tant qu'Européens : la grande question de l’Humanité ne peut être que l’Humanité elle-même. 

La chute du mur de Berlin nous oblige à aller encore plus loin maintenant. 

Le temps est venu de l’Europe politique. 

Il dépend de nous de relever ce défi formidable : forger une véritable Europe politique. 

Oui, nous devons parvenir à une coexistence politique harmonieuse pour porter haut et fort les valeurs de l’Europe, qui fut pendant des siècles l’un des plus grands champs de bataille de l’humanité, qui fut le lieu du crime le plus effroyable de tous les temps, la Shoah, et qui pourrait devenir, contre une part de sa propre histoire, grâce à cette cohésion, et par l’union de ses différences, le continent que j'appelle : « les États-Unis d'Europe ». 

J'aimerais m'attarder un peu plus sur cette idée puisqu'elle est, je le sais, l'un des éléments majeurs de notre engagement politique commun. Comme ce fut le cas lors de la campagne européenne, l’opportunité nous est aujourd’hui donnée d’exprimer ce sentiment profond. 

Je l'ai porté à Athènes en mai dernier à la conférence sur « L'avenir des Gauches en Europe », conférence organisée par l'actuel Premier Ministre de Grèce, Georges Papandreou, et, comme je vous l’ai dit, j'ai approfondi cette idée pendant la campagne européenne en France, à Nantes. 

Le temps est venu de rêver et de penser quelque chose de plus grand que nous. 

Le temps est venu pour nous de répondre aux exigences de cette utopie réalisable : les États-Unis d’Europe. 

Je sais que cette expression pourrait surprendre, puisqu'elle semble calquée sur le modèle des États-Unis d'Amérique alors que nos nations ne peuvent en aucun cas être comparées aux États américains. 

Alors pour ceux qui sont surpris, je rappellerai que de grands penseurs en Pologne, en Italie, en Bulgarie, en Allemagne, et dans toute l’Europe, utilisent cette expression depuis le milieu du 19e siècle. En France, Victor Hugo a utilisé l’expression « les Etats-Unis d’Europe » le 21 Aout 1849, lors du Congrès International pour la Paix à Paris. 

Cela ne veut pas dire qu'il s'agit d'une idée du passé, au contraire, cette idée n'a jamais été aussi contemporaine. 

Comme Hugo le disait avec tant de force : 

  « Un jour viendra où les armes vous tomberont des mains, à vous aussi ! /.../ Un jour viendra où vous France, vous Russie, vous Italie, vous Angleterre, vous Allemagne, vous toutes, nations du continent, sans perdre vos qualités distinctes et votre glorieuse individualité, vous vous fondrez étroitement dans une unité supérieure, et vous constituerez la fraternité européenne. Un jour viendra où les balles et les bombes seront remplacés par les votes et par le suffrage universel des peuples. » 

Alors que l’on voit dans l’ombre des conciliabules pour faire émerger le futur Président du conseil européen, j'aimerais paraphraser Victor Hugo et dire qu'un jour viendra, j'en suis certaine, où le Président des États-Unis d'Europe sera élu au Suffrage Universel direct. 

Oui, je crois que la crise sans précédent que nous traversons nous oblige à redéfinir la manière dont nous pouvons construire ensemble une Europe à visage humain qui nous unifierait. 

Il dépend de nous de constituer une zone économique juste, pour créer de la richesse, pour la redistribuer et pour réguler le capitalisme financier. 

Il dépend de nous de faire exister ce modèle social, déjà parfaitement opérationnel dans les pays du nord de l’Europe qui allie création de richesse et justice sociale. 

Il dépend de nous de respecter chaque culture, chaque croyance et leurs différentes identités. 

Il dépend de nous de réconcilier le citoyen avec cette Europe qui semble si lointaine, si technocratique, si abstraite. Une Europe qui paraît surtout si étrangère à la souffrance de ses ouvriers, massivement licenciés dans le flot des délocalisations. Une Europe qui paraît si lointaine de ses classes moyennes, qui se demandent si elles vont elles aussi perdre leurs emplois. Une Europe qui paraît si étrangère à sa jeunesse, frappée, plus que toute autre catégorie, par le chômage et par le désespoir. 

Oui, l'Europe doit changer. Mais l’Europe peut changer. N’oublions pas que l’Europe est un continent de créativité, la première puissance économique du monde, avec des travailleurs et des entreprises dynamiques, avec une population plus élevée que celle des États-Unis d'Amérique, et un mode de vie espéré par le reste du monde. 

La dernière fois que je suis venue à Berlin, c’était en mars 2007, pendant la campagne présidentielle française. J’ai rencontré la Chancelière Angela Merkel. A cette époque, Airbus annonçait des plans de licenciements de milliers d’ouvriers en France et en Allemagne. J’avais à défendre les intérêts des ouvriers français, et, bien sûr, la Chancelière Merkel avait à défendre les intérêts des ouvriers allemands. Mais je me souviens très bien que, durant notre discussion, nous sommes parvenus à dépasser la contradiction de nos intérêts nationaux et à poser les bases d’une solution européenne qui prendrait en compte notre intérêt général commun. Ce que je veux dire, c’est que, aujourd’hui, la puissance de l’argent est plus forte que des nations divisées, et que nous devons unir nos forces pour nos citoyens. 

Et nos peuples le savent déjà très bien, et ils ont déjà très souvent fait avancer cette idée. Par exemple, quand, en avril de cette année, les ouvriers français de Continental sont allés à Hanovre pour manifester avec les ouvriers allemands de Continental, c’était un acte concret de fraternité européenne. Aujourd’hui, c’est notre devoir de réconcilier ces citoyens avec l’Europe politique. 

Réconcilier les citoyens avec l’Europe et les valeurs de progrès et d’humanisme, c’est établir à l’échelle européenne la démocratie participative, l’implication, trop souvent perçue comme tentaculaire, des 27 pays de l’Union. 

Au-delà des référendums et des consultations populaires, c’est à nous d’impulser dans nos régions, nos départements, nos villes, nos pays, cette démocratie participative qui s’impose jour après jour comme une évidente nécessité. Oui, la démocratie participative est le moyen essentiel pour créer une cohésion entre les citoyens, entre les pays, et pour créer ce sentiment d’appartenance à une entité commune appelée Europe. 

Oui, refaisons le chemin vers ces citoyens qui ont perdu confiance dans l’Europe, tendons-leur la main, organisons des scrutins participatifs, des budgets participatifs, des référendums, des jurys citoyens pour évaluer les décisions publiques. 

Et enfin, nous devons réconcilier l’Europe avec le monde. 

L'Europe doit jouer un rôle dans les grands conflits et les grands enjeux de notre temps. L’Europe doit jouer un rôle au Proche-Orient, en Irak et en Afghanistan. L’Europe doit imaginer et créer un véritable partenariat avec l’Afrique, l’Asie et l’Amérique Latine. L’Europe doit aider le peuple iranien à s’émanciper. L’Europe doit participer à la mise en œuvre de la paix au Proche-Orient et à la création de deux Etats qui coexistent dans le respect mutuel. 

Nous devons approfondir et renforcer notre partenariat avec l’Inde qui est la plus grande démocratie du monde. 

Nous devons être solidaires du milliard d’êtres humains qui vivent en-dessous du seuil de pauvreté, avec moins de 2 dollars par jour. 

L’Europe doit jouer un rôle dans la zone pacifique, dans ce conflit larvé qui oppose la Corée du Nord à tous les pays de la zone, à commencer par la Corée du Sud et le Japon. 

Nous devons adopter l’attitude adéquate pour faire progresser les Droits de l’Homme en Chine, en Birmanie, ou encore dans certains Etats africains, partout où les valeurs universelles sont menacées. 

Nous devons avoir une position claire vis-à-vis de la Russie, partagée entre son rêve de gloire passée, sa méfiance à l’égard de l’Occident mais aussi son désir d’être un acteur plein et entier de la scène mondiale. 

Dans ce monde multipolaire, agité par des convulsions permanentes, ce monde anxieux et dangereux, l’Europe peut jouer un rôle exemplaire avec une politique de solidarité et d’exemplarité. 

Un proverbe asiatique dit qu’il vaut mieux faire 1 pas ensemble que 10 pas tout seul. 

Voilà le grand dessein de l’Europe ! 

Je ne crois pas au choc des civilisations. Je ne suis pas non plus une déclinologue. Je crois que l’élection de Barack Obama, il y a un an, à la tête de la plus grande puissance du monde, a créé naturellement un espoir immense mais a aussi démontré que les peuples sont toujours en avance sur les puissants, que les peuples sont prêts à entendre un langage de raison, de sagesse, d’union, que les peuples n’aspirent qu’à une seule chose : la paix là où les gouvernants veulent parfois la guerre. 

Je ne crois pas au choc des civilisations, ce fantasme qui voudrait que l’histoire soit déjà écrite, que la complexité des cultures, des religions et des peuples soit cartographiée, classifiée, et mène inévitablement à la confrontation. 

Si le monde danse sur un volcan, il est possible de ne pas réveiller le volcan en marchant sur sa crête. 

Il dépend de nous de créer une diplomatie dynamique, fondée sur un dialogue constructif, sans rien céder sur nos valeurs mais dans un total respect de l’autre. La diplomatie européenne devrait s’adresser avant tout aux peuples tels qu’ils sont pour ne pas se lancer dans d'arrogants monologues. 

Et même si les résultats tardent à venir, il faut persévérer, et persévérer encore. Abraham Lincoln avait une règle dans la vie : « Je marche lentement mais je ne recule jamais ». Voilà l’une des clés. La persévérance. Il est certes plus facile de coaliser sur la haine de l’autre, de jouer avec les pulsions les plus basses, qui flattent le nationalisme et le racisme. Il faut du courage pour réunir sur l’humanisme, la bienveillance et le respect. 

Hé bien je crois, moi, à cette diplomatie en Europe. Si l’Europe sait se départir d’une certaine prudence et se présenter unie sur la scène internationale, alors l’Europe, porteuse des valeurs des Lumières, jouera un rôle majeur dans la résolution des conflits actuels.  

Nous pouvons y croire. 

Nous pouvons y croire grâce à ce jour, le 9 novembre 1989, où un peuple entier a pu faire tomber un mur de béton, un mur idéologique, un mur de colère, sans verser une seule goutte de sang et en scandant « Wir sind das Volk » : « Nous sommes LE peuple ». 

Oui, je crois à l’Europe des peuples. Et c’est pour cela que je crois aux États-Unis d’Europe. 

Nous ne pouvons plus nous permettre d’attendre. Chacun de nous, à son niveau, doit contribuer, dès aujourd’hui, à réaliser cette idée. Ce doit être la tâche de notre génération, de votre génération, jeunes gens, et je n’en imagine pas de plus grande. C’est pourquoi, j’ai pour ma part engagé, dès le 18 mai, avec Stéphane Hessel, une réflexion approfondie qui aboutira dans les prochains mois à des propositions concrètes pour faire avancer le projet des États-Unis d’Europe. 

J’ai décidé de faire avancer le rêve des Etats-Unis d’Europe d’une manière très concrète, en confiant à une personnalité renommée et irréprochable une mission d’étude sur le projet des Etats-Unis d’Europe, qui réunira des think tanks européens – et j’espère le vôtre –, avec des citoyens, des syndicalistes, avec des élus, des artistes, des chercheurs, des juristes, et des journalistes européens. 

Nous mènerons cette mission avec notre think tank, Désirs d’Avenir, en association avec toutes les personnes de bonne volonté qui souhaitent véritablement le changement. 

Désirs d’Avenir organisera une Université Populaire Participative à Paris pour échanger nos regards européens, première étape d’une longue série de dialogues que nous mènerons durant toute l’année 2010 pour réaliser le rêve de Victor Hugo, qui est, j’en suis certaine, le rêve de bon nombres d’entre vous dans cette salle. 

Je voudrais conclure sur une note plus personnelle. Lorsque j’étais enfant, je vivais en Lorraine, à l'Est de la France. Entre la guerre de 1870 et la Première Guerre mondiale, la Lorraine était une région allemande. C'est une région de sang, de larmes, et d’espoirs partagés. C'est dans cette région que j'ai entendu pour la première fois l'Hymne à la Joie de Beethoven. Lorsque j’entends l’Hymne à la Joie, je ressens une immense joie moi-même. Des années plus tard, j’ai fait des recherches sur cette œuvre. Elle fut composée par le grand musicien à l’un des moments les plus sombres de son existence. Quasiment ruiné, atteint d’une surdité galopante, abandonné peu à peu par le public. Et pourtant, dans toute cette adversité, cette 9e symphonie, qui est devenu l’hymne européen, a jailli de lui. La musique, et les paroles de Schiller, célèbrent la force du peuple et sa fraternité. 

Le chemin que je vous propose pour cette nouvelle étape de la construction de notre Union est à l’image de cette Hymne à la Joie, composé par Ludwig Von Beethoven : une grande adversité, transcendée par le courage et la force de la fraternité avec un seul et unique but, qui fait sens ici plus que nulle part ailleurs, à Berlin, pour aujourd’hui et pour demain, je cite : « Pour que le cité future oublie le temps des pleurs ». Ainsi se conclut l’Hymne à la Joie. Quel beau programme politique que celui-là !  

Vielen dank für dieses schöne beispiel von freiheit und brüderlichkeit, dass die Deutschen ganz Europa und dem rest der welt, vor zwanzig jahren geschenkt haben. 

[Merci pour cette belle leçon de liberté et de fraternité que les Allemands ont donné à l’Europe et au reste du monde il y a 20 ans.] 

Und wie es schon am vorabend des neunten November gesagt wurde, möchte auch ich sagen : “wir sind alle Berliner ! und glücklich darüber !” 

[Et comme quelqu’un l’a dit avant moi, à la veille du 9 novembre je veux vous dire aussi : « Nous sommes tous des Berlinois ! », et heureux de l’être !] 

Je vous remercie. 

 

 

 

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30 octobre 2009

A propos du Banquet de "Platon"

Le Banquet

Il y a quelques jours est arrivé Boulevard Raspail un très beau texte, rédigé par un écrivain qui souhaite pour l’instant garder l’anonymat. Un artiste épris de politique qui voulait exprimer avec ses mots et son regard ce que lui inspiraient les sommes considérables de papiers et d’échos de presse négatifs, parfois diffamatoires, consacrés depuis des semaines à Ségolène Royal. Nous avons choisi, dans un premier temps de publier ce texte à l’état brut sur le site de Désirs d’Avenir, sans toucher une ligne par respect pour le travail de cet auteur qui se révèle également être un observateur attentif de la vie politique et médiatique de ce pays.

La publication de cette lettre ayant suscité quelques réactions anormalement épidermiques, l’écrivain a donc proposé d’en modifier certains passages en se plaçant sous la protection de Platon, comme un pied de nez à tous ceux qui pensent que l’on peut, par pression détournée ou boules puantes lancées régulièrement à travers les échos de presse, manipuler, voire faire plier une personnalité politique aussi courageuse que Ségolène Royal.

Comment expliquer par exemple que le journal l'Express soit devenu le relais de Monsieur Stéphane Chomant qui se permet de porter atteinte à l'honneur et à la considération de Ségolène Royal à propos du site internet, de diffuser de fausses informations sur ses proches et de relater à sa sauce des entretiens que Ségolène Royal a eu avec Pierre Bergé, et auxquels il était seul à assister, sans qu'à aucun moment Ségolène Royal soit en mesure de rectifier ces propos malveillants?

Une telle désinformation est intolérable. Elle émane d’une réelle volonté de nuire, systématiquement, à Ségolène Royal, dans les moindres détails. Et même si les éléments relatés dans cette page d’écriture se sont déroulés le mois dernier, cette pollution programmée, quasiment institutionnalisée de tout ce qui touche de près ou de loin à Madame Royal justifie d’autant plus la publication de cette lettre. Qu’on ne s’y trompe pas ! Certains, pour atténuer la force du propos, s’empresseront d’abaisser ce courrier au rang de lettre anonyme. Mais ça n’est pas le cas. Il s’agit bel et bien du cri de colère d’un artiste qui nous fera parvenir régulièrement son regard sur le monde et dévoilera son identité en temps voulu.

Ségolène Royal aurait pu choisir de riposter en justice. Il y avait matière à le faire dans la déferlante, pour ne pas dire le harcèlement, de papiers écrits notamment par le JDD, Libération, l'Express, le Point depuis plus d’un mois, et même ces jours-ci dans Jeune Afrique, là où travaillait Elise Colette. L'équipe de Ségolène Royal a choisi cette fois d’utiliser la plus belle des armes : celle des mots. Mais, à partir d’aujourd’hui, la justice sera saisie pour toute allégation qui peut porter atteinte à sa vie privée et à l'honneur de ses proches. Il est inacceptable de lire dans la presse des retranscriptions totalement inventées de conversations téléphoniques ou de sms comme dans le Point. Et surtout il est inacceptable de découvrir des portraits diffamatoires ou portant atteinte à la considération de Monsieur André Hadjez ne reposant que sur la rumeur et sur l'intention de nuire indirectement à Ségolène Royal.

Madame Royal respecte infiniment la liberté de la presse, même lorsqu’elle exerce son droit de critique aussi virulent soit il. En revanche, elle ne tolèrera plus le moindre mensonge, la moindre déclaration en in ou en off diffamatoire. Toute déclaration de ce type fera désormais systématiquement l’objet de poursuites conformément à la loi. Ségolène Royal ne déclare pas la guerre à la presse. Elle déclare la guerre à la rumeur.
Cela méritait d’être dit. Place à l’écriture.

L’équipe de Ségolène Royal


Le Banquet

J’ai découvert, partagé entre stupéfaction et points d’interrogation, la narration d’un diner, qui a eu lieu, le 19 Septembre à Paris dans plusieurs journaux nationaux ! Libération, Le Point, et d’autres.

Un diner comme il en existe des dizaines de milliers, en France, un samedi soir. Entre amis. Des amis d’un genre un peu particulier. Anciens collaborateurs de Ségolène Royal, ou amis, plus quelques manipulateurs, invités. Ce diner, a priori totalement anodin, est devenu, semble t-il, un évènement politique majeur, relaté par le menu dans deux organes de presse, et non des moindres : Libération et le Point. Une page entière avec appel de Une pour le quotidien. Mazette ! 5 pages avec photos pour l’hebdomadaire…. Sur le même diner.

Avec les mêmes dineurs, dans le même restaurant, le même jour et à la même heure. La, je me pinçais en me disant d’abord : « Mince ! On doit vraiment bien manger dans ce restaurant. Pour que tant de gens aient envie de s’y retrouver et tant de journalistes d’en parler »

Faut il qu’il se soit dit des choses essentielles, faut il qu’il se soit échangé des secrets d’états pour que cette réunion improbable autour d’un verre d’Ovietto dans un restaurant italien parisien se soit transformée en conjuration de Catalina. Sur un mode mineur, il est vrai.

Ah ! Une société secrète, structurée, planifiant un assassinat en règle, et se réunissant à la lueur des bougies dans une cave, avec mot de passe à l’entrée pour évoquer l’impitoyable Ségolène Royal, l’indisciplinée Ségolène Royal, la terrrrrible Ségolène Royal ! Voilà qui aurait eu un certain panache, une certaine envergure. Voilà qui eut mérité cette encre !

Mais non..rien de tel. Seulement la tristesse réelle des uns, la mauvaise foi des autres , les critiques, peut être justifiées, tant de sentiments complexes qui font la vie des entourages politiques , tant de sentiments recyclés et retransmis à la presse dans un calcul politique évident. D’ailleurs, certains, se retrouvant piégés dans un film qui n’était pas le leur, comme Jean Pierre Mignard ont immédiatement démenti. Des démentis sincères contre une narration perverse et orientée.

Tout y était dans les moindres détails. Comme ses supposées conversations téléphoniques dans une voiture.
Faut- il être diablement renseigné pour connaître même la teneur des coups de fil de l’ex candidate .
Lorsqu’on connait les précautions dont s’entoure Ségolène Royal ou n’importe quel homme ou femme politique de ce niveau pour passer ses coups de fil, on se dit qu’il y a soit de l’espionnage, soit de la romance.

Mais continuons sur ces inénarrables papiers. On apprend qu’un grand dirigeant socialiste est tellement inquiet pour elle qu’il envoie des sms à son cabinet sur lesquels on peut lire " Protégez la " La protéger… Mais de quoi donc ? Voyons… réfléchissons ! Ah, bien sur… la protéger de Monsieur André Hadjez !
Nous y voilà. Le voilà donc l’affreux jojo, le Méphisto de Casablanca, le Nosfératu de l’internet . Voilà André Hadjez affublé d’un sombrero bien large.
Il nous en deviendrait presqu’immédiatement sympathique à force d’être détesté à ce point par ce sérail, qui impose ses codes et brule sur le bucher de sa vanité tout ceux qui n’en sont pas. Car il faut en être, du sérail. J’en suis ! Et je sais à quel point tous les André Hadjez du monde représentent tout ce que ce petit monde méprise du plus fort de son être.

Mais revenons à ce diner et aux analyses qui en ont été faites, en public ou en privé. Ségolène Royal était donc en danger, faible femme qui ne sait pas ce qu’elle fait, qui ne sait pas où elle va, flanquée d’un homme « étrange » « énigmatique » « mystèrieux. » L’abominable homme des sables, accusé aussi d’avoir voulu faire les poches de Pierre Bergé, via le nouveau site internet de l’ex candidate.
Faible femme, soumise aux influences sentimentales, voilà qui complétait le tableau tracé depuis sa conquête en 2006 :girouette, incompétente et devant être protégée surtout d’elle-même d’ailleurs….forcément.
Ce diner, dont plusieurs convives ont eu un électrochoc en retrouvant leur nom et leur propos dans la presse, ce diner aurait donc été, la dernière illustration de cette fragilité chronique, donc d’une disqualification, de fait, pour toute compétition nationale à venir. CQFD

Car c’est bien cela, plus largement, qu’il fallait démontrer, à travers ces fuites organisées, depuis 1 mois. D’abord sur le site internet, ensuite sur le compagnon, enfin sur la vie au sein même de ses bureaux, de sa voiture, de ses mails.
Il fallait démontrer que  Ségolène Royal est seule !
Nous y voilà !
Il y a 1 mois, elle était  isolée.
Une semaine plus tard , elle était  trés trés isolée !
La semaine suivante, elle était  carrément  seule !
Avant de  découvrir , à travers ces articles, que «  cette fois elle est VRAIMENT seule » tout étant dans le VRAIMENT

Seule Ségolène Royal ? C’est d’abord faire injure à son conseil politique, qui se réunit, chaque semaine, composé de fidèles de la première heure , qu’il s’agisse de Jean Louis Bianco ou de François Rebsamen et de cette jeune garde, la relève , Delphine Batho, Guillaume Garot ou Najat Varaud-Belkacem.

Seule Ségolène Royal ? 6 à 8000 adhérents à Désirs d’Avenir, au bas mot. Entre 300 et 600 personnes à chacune de ses Universités Populaires Participatives, ce laboratoire d’idées où se cotoient régulièrement et en public les meilleurs spécialistes des sujets traités, que ce soit sur les liens Afrique-Europe, la Valeur travail, la crise économique ou la sécurité alimentaire.

Seule Ségolène Royal, qui réunit 3500 personnes à la Fête de la fraternité à Montpellier sans l’aide de la Fédération, encore moins des élus dont certains ont même gentiment encouragé les militants à ne pas venir à montpellier ?

Seule Ségolène Royal ? C’est oublier un peu vite les centaines de milliers de connexions sur son site internet.

Seule Ségolène Royal, dans sa région en Poitou Charente, lorsqu’elle fait les marchés, rencontre les salariés, discutent avec les gens ?

Seule Ségolène Royal, à l’étranger lorsqu’elle est invitée en Grèce, aux USA, dans les balkans , en Afrique ou en Amérique Latine pour exposer son expertise sur la démocratie participative ou le développement durable ?

Cessons ces fadaises, ces analyses tirées par les cheveux qui consistent à démontrer à travers chaque détail, que cette femme est disqualifiée pour la présidentielle.
J’ai même lu et j’avoue que les bras m’en sont tombé, l’interview d’un spécialiste de la spécialité internet expliquant le plus sérieusement du monde que le site démontrait qu’elle ne savait pas s’entourer, donc qu’elle ne savait pas décider, donc qu’elle n’écoutait personne, donc qu’emmenée à diriger un pays, elle serait forcément incapable de diriger une armée ou de prendre des décisions stratégiques. Tout cela à partir d’un site qui a buggé !

«  Socrate est mortel. Les chats sont mortels. Donc Socrate est un chat »
Ce syllogisme d’Eugène Ionesco illustre à merveille la bêtise crasse de ce type de raisonnement qui empoisonnent l’analyse politique .

Oui, derrière ces fuites, incessantes, cet analyse décortiquée de tout évènement qui touche de prés ou de loin l’ex candidate à la présidentielle, il y a bel et bien une opération politique rondement menée pour affaiblir une personnalité politique au moment le plus sensible : après une défaite et avant une reconquête. Cet instant, connu par François Mitterrand, ou Jacques Chirac, cet instant de mutation où l’on quitte ses réflexes anciens, ses vieilles habitudes où l’on se reconstruit personnellement, politiquement, après avoir fini son deuil. Ce moment délicat où la nouvelle armure n’a pas encore remplacé l’ancienne, où l’on réfléchit à ce qu’on n’a pas fait et ce que l’on fera la prochaine fois, où l’on recompose ses équipes, son corpus idéologique, ou l’on s’ouvre à d’autres horizons pour faire son miel et repartir à la bataille. On appelle cela une traversée du désert. Tout les hommes et les femmes politiques majeurs l’ont subie, l’ont dépassée, pour finalement triompher. J’ai traversé suffisamment de septennats pour pouvoir l’affirmer : Ségolène Royal vit cet instant là et ce mois infernal était destiné, non pas à la faire réfléchir mais bel et bien à la disqualifier durablement, à miner son terrain avant son tremplin des régionales.
Pierre Bergé l’a bien compris qui, en petit comité , tance ses troupes et rappelle à qui veut l’entendre qu’il soutiendra l’ex candidate jusqu’au bout. Il était là, le 5 octobre dernier, avec BHL à l’université populaire consacrée à Barak Obama. Et il sera là jusqu’au bout, malgré la tentative de l’un de ses collaborateurs qui alimente depuis des mois la chronique politico-médiatique et ne s’en cachent même plus.

Quelles que soient les errances, les zones d’ombre, les fulgurances et le tempérament intraitable de Ségolène Royal, méritait elle ce flot venimeux, ces articles en cascades, ce bashing permanent total de gauche, de droite, du centre, des verts ?
Non, évidemment . Mais à bien y réfléchir, elle devrait en être flattée. 
Qui peut se vanter de subir un tel traitement ?
Qui peut se vanter d’être en permanence l’objet d’échos aussi farfelus que sa supposée soirée new yorkaise avec une astrologue célèbre ou la vraie fausse mission confiée par le PNUD ?
Combien de pages consacrées aux incohérences permanentes de Nicolas Sarkozy, aux valses et aux portes qui claquent dans les cabinets de tel ou tel ministres ?

Combien ? Si peu à dire vrai au regard de ce que le moindre de ses faux pas, la moindre de ses déclarations, la moindre de ses sorties privée, déclenche comme coulée d’encre et de lave malveillante.

Si Ségolène Royal doit s’interroger sur ce qui peut déclencher ce type de comportement irrationnels, l’autre face de son charisme, elle aurait tort de se poser en victime.
Il y a dans ce monde à genou, une forme de grandeur à rester libre, à tenir debout et à le rester, même face au vent le plus violent. Surtout face au vent le plus violent.
Il y a là la marque des grands guerriers à faire de la politique comme on l’entend, comme on le croit juste, en dépassant les codes qu’elle juge obsolètes, à tort ou à raison.
Il y a la une véritable raison de se réjouir, pour qui aime démocratie et le débat d’idée, de voir une femme qui a déjà vécu une vie que peu de leaders politiques ont eu la chance de construire : plusieurs fois ministre, députée, finaliste d’une présidentielle. Oui, il y a toutes les raisons de se réjouir a voir cette femme poursuivre sa route, tracer son chemin avec son sabre , sa principale qualité : le courage. Renverser la table, ouvrir la voie, chercher, proposer, trébucher, se relever , avancer comme un brise glace : l’ordre juste , la fraternité, la démocratie participative, la France métissée, la rénovation du parti socialiste. Elle a impulsé toutes ces idées et l’on voit bien à quel point son propre parti, obsédé, encore et toujours par sa candidature à la prochaine présidentielle, siphonne ces idées sans en produire de nouvelles.
Il y a enfin quelque chose de réjouissant à voir une femme assumer pleinement sa vie privée, même si cette vie privée ne convient pas aux codes germanopratins.

On ne devrait pas sous estimer Ségolène Royal. L’an dernier, à la même époque, Bertrand Delanoé devait gagner le Congrés de façon écrasante. On vit ce qu’il advint. En Juin dernier, c’est François Bayrou qui devait dépecer le parti socialiste aux Européennes. On vit ce qu’il advint. Il fut un temps peu lointain ou Olivier Besancenot était considéré comme l’opposant principal à Nicolas Sarkozy. On vit ce qu’il advint. Aujourd’hui, c’est Dominique de Villepin . Et demain ?
Ainsi va la presse , qui fabrique périodiquement des diables et des dieux, des héros et des salopards. Mais seules comptent vraiment les courbes de vie qui viennent de loin, s’enracinent dans les victoires, se nourrissent des défaites, pataugent dans la boue de leur campagne, de leur rue, emballent les foules et prêchent dans le désert, marchent très accompagné ou les mains dans les poches, seuls, sous la pluie.
On appelle cela un destin politique. Peu de dirigeants sont capables de le forger. Ségolène Royal en fait partie. Et il se pourrait bien qu’un jour, à force d’avoir été isolée, elle soit majoritairement seule.

Platon

 

 

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Ségolène Royal sur Europe 1, le 30.10.09


Royal : "Chirac mérite d’être tranquille"
par Europe1fr

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Interview de Segolene Royal sur France Info (28.10.09)


Interview de Segolene Royal sur France Info

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29 octobre 2009

Ségolène Royal gagnerait le second tour


Publié le 29 Octobre 2009 

 

Ségolène Royal est-elle la première victime d'une curiosité ponctuelle : l'absence de sondage sur le second tour de la prochaine présidentielle ?

Après les Etats-Unis, la France est le pays qui réalise le plus de sondages dans une année.

Bien curieusement, à la différence des années 2004 et 2005 pour la présidentielle 2007, aucune publication de sondage ne concerne le second tour de la présidentielle 2012....

Lire la suite (sur EXPRIMEO)


Mon commentaire: je ne peux qu'encourager à se procurer la PUBLICATION EXPRIMEO sur "LES 20 TECHNIQUES DE MANIPULATION",  document particulièrement édifiant, une sorte de paire de lunettes devenues incontournables pour décrypter  l'actualité - presses et sondages - de nos jours...

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28 octobre 2009

Le point sur les UPPC, par Ségolène Royal


Présentation des UPP par Ségolène Royal
envoyé par segolene-royal. - Regardez les dernières vidéos d'actu.

 

Invitation à l'université populaire et participative sur le Travail

24 octobre 2009 - 14:27

Université populaire participative : 

"Souffrance au travail,salaires bridés, chômage explosif : les salariés peuvent-ils encore croire en la valeur travail ?

Mercredi 28 octobre à 18h30 à la Mairie du 4eme arrondissement - 2, place Baudoyer - 75004 Paris

 

Chères amies, chers amis,

Drame des suicides à France Telecom, au Technocentre Renault de Guyancourt ou chez les éleveurs de la filière lait ; records d'accidents du travail (2000 chaque jour en France) ; intensification des tâches ; extension sans limite de l'intérim contraint et des contrats à durée déterminée ; précarisation des jeunes, des femmes, des salariés de plus de 50 ans et maintenant de tous ceux qui pensaient bénéficier d'une salutaire stabilité ; angoisse du chômage de longue durée ; stagnation des salaires pour 90% des salariés (+4% entre 1998 et 2006) et hausses parfois vertigineuses pour une minorité d'hyper-privilégiés.

La question est plus que jamais à l'ordre du jour : les salariés peuvent-ils encore croire à la valeur travail ?

Soyons-en sûr : au-delà de l'amnésie volontairement entretenue par ceux qui y ont intérêt, la crise financière, économique, sociale que nous endurons est peut-être d'abord une crise du travail. Lorsque la pression des actionnaires impose aux entreprises des contraintes de rentabilité toujours plus fortes, lorsque des millions de familles n'arrivent plus à vivre des efforts qu'elles consentent au travail, lorsque les marchés domestiques ne sont plus alimentés que par le surendettement de salariés mal-payés, l'explosion est une question de temps.

Notre université sera l'occasion de sonder les raisons profondes du mal-être et de la souffrance que les travailleurs vivent aujourd'hui au quotidien. Mais aussi de réfléchir aux moyens de faire mieux et autrement. Des chefs d'entreprise seront présents et réaffirmeront la profonde proximité qui existe entre performance durable de l'entreprise, bonne rémunération des salariés et développement de conditions de travail harmonieuses.

Elle sera précédée par la projection d'un extrait du film « J'ai très mal au travail », de Jean-Michel Carré.

Vous êtes toujours plus nombreux à participer à nos universités populaires participatives et je tiens à vous en remercier chaleureusement.

Ce succès, c'est d'abord le vôtre.

Amitiés sincères, Ségolène Royal

 

Programme 

Ouverture par Ségolène Royal

Interventions de :

Michel Gollac, sociologue du travail, Centre de recherche en économie et statistique (CREST)

Yvan du Roy, journaliste, auteur de « Orange stressé »

Paul Moreira, journaliste, auteur de « Travailler à en mourir »

Yves Perrot, chef d'entreprise, Président du Centre des jeunes dirigeants Paris

Hélène Cixous, écrivain philisophe

Anna Sam, caissière de super-marché, auteur de "Les tribulations d'une caissière"

Guy Eyermann et Dominique Duval salariés de l'entreprise Sabris (Chatellerault)

Et de responsables syndicaux

Clôture par Gaétan Gorce, Député de la Nièvre, Maire de la Charité-sur-Loire.

Fiches lecture 

- Le salarié de la précarité: Les nouvelles formes de l'intégration professionnelle - Serge Paugam

- Travailler pour être heureux? Le bonheur et le travail en France - Christian Baudelot et Michel Gollac

- Souffrance en France: la banalisation de l'injustice sociale - Christophe Dejours

- Les désordres du travail: Enquête sur le nouveau productivisme - Philippe Askenazy



Les précédentes Universités populaires participatives

La fraternité en débats (Mercredi 29 avril 2009, Mairie du 4è à Paris)

L'avenir des gauches en Europe (Lundi 12 mai 2009, à Athènes)

Quel avenir commun pour l'Afrique et l'Europe au XXIè siècle ? (Lundi 18 mai 2009, 18h30-21h30, Théâtre Dejazet -Paris 3è)

Quel nouveau modèle de développement pour l'après-crise ? Sous la présidence de Philippe Aghion, professeur d'Economie à Harvard (Lundi 15 juin 2009, Mairie du 4è à Paris)

Pesticides : quel impact pour notre alimentation et notre santé ? (Lundi 6 juillet, Théâtre Dejazet - Paris 3è)

Université participative Européenne de Poitiers « 7 défis pour une politique de civilisation » (Vendredi 2 octobre 2009, à Poitiers)

Bilan de la politique de Barack Obama avec Bernard-Henri Levy (Lundi 5 octobre à 20 h au Théâtre Dejazet - Paris 3è)

 

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27 octobre 2009

Le cap des mille jours

Par Jacques Julliard, Le Nouvel Observateur

Tout indique qu'un point d'exaspération a été atteint au sein même de la majorité

On ne saurait dire que la proposition de Jean-Pierre Raffarin de faire passer la France au régime présidentiel (RTL, 14 octobre) ait fait un tabac dans la majorité. Et pour cause : Nicolas Sarkozy est contre !

Mais, direz- vous, en régime présidentiel nous y sommes déjà, et même au-delà, puisque l'on parle, à propos de l'actuel président de la République, d'«hyperprésidence». Et lorsqu'on propose d'adopter le régime présidentiel en France, la plupart des gens imaginent qu'il s'agit d'accroître encore les pouvoirs de celui-ci !

Or c'est exactement le contraire. Un véritable régime présidentiel, à l'américaine, se rapproche certes du nôtre - le président y est élu au suffrage universel -, mais il comporte trois différences essentielles :

1) Il n'y a pas de Premier ministre; c'est le président qui est à lui seul chef de l'Etat, chef de l'exécutif et leader de la majorité. Il est responsable, tandis que le président à la française ne l'est point.

2) Le Parlement n'a pas le pouvoir de le renverser.

3) En retour, il n'a pas le pouvoir de dissoudre l'Assemblée nationale.

C'est ce dernier point qui change tout. Le pouvoir quasi discrétionnaire dont jouit aujourd'hui le président sur l'Assemblée repose en effet sur la menace tacite qu'il fait planer en permanence, en cas de résistance des députés, de les renvoyer devant leurs électeurs. Et comme il contrôle le parti majoritaire, en l'occurrence l'UMP, il peut punir les députés récalcitrants en leur refusant l'investiture. Privez-le au contraire de cette arme de dissuasion nucléaire qu'est le droit de dissolution, et vous verrez progressivement les élus s'émanciper et reprendre leur rôle normal, qui est de contrôler l'exécutif. Par rapport à notre régime actuel, qui n'a de nom dans aucune langue politique reconnue, le régime présidentiel est un régime où la représentation nationale peut tenir tête au président sans risquer d'être réduite en cendres.

(............)

Lire la suite ... (sur Le Nouvel Obs)




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Sarkozy, monarque dispendieux à la tête de l'UE

 

de Bénédicte Charles - Marianne | Mardi 27 Octobre 2009

 Publié par Médiapart, un rapport de la Cour des comptes met en cause le coût faramineux de la présidence européenne de Nicolas Sarkozy en 2008.


Dessin Louison

Dessin Louison


Après la machine à café, la douche. Il y a quelques mois, l'installation, dans l’avion présidentiel d’une cafetière au coût exorbitant — 25 000 euros — avait fait office de symbole d’un train de vie élyséen en contradiction totale avec le discours de rigueur tenu par Nicolas Sarkozy en cette période de crise. Aujourd’hui, on est monté d’un cran : c’est une douche à 245 572 euros qui fait scandale, comme le révèle le site Médiapart.

En effet, la Cour des comptes vient de rendre un rapport d’une grande sévérité  sur le coût de la présidence française de l’Union européenne du 1er juillet au 31 décembre 2008. Une ardoise de
plus de 170 millions d’euros — essentiellement liée à de l’événementiel —  entièrement supportée par les Français.

Lire la suite... (Marianne)

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26 octobre 2009

Ségolène Royal et le besoin d'un nouveau PS

Ségolène Royal est confrontée au besoin de rénovation du PS qui prend le chemin d'impasse faute de reconnaître des points de passages obligés.

La rénovation du PS passe par 4 arbitrages qui sont un point de passage obligé pour la performance électorale de cette formation politique.

- Tout d'abord, par l'effet de la pyramide des âges, une certaine droitisation de l'opinion est intervenue.(...)

- Ensuite, second facteur, le PS refuse de tirer toutes les conséquences pratiques de la présidentialisation quasi-absolue du régime. (...)

- Troisième facteur, le parti politique doit être une logistique performante. Par les modalités légales de financement de la vie politique, le parti politique est d'abord un "trésor de guerre" et une équipe de moyens humains. Si cette logistique n'est pas entièrement organisée pour livrer le combat présidentiel de "son" candidat, elle pénalise la compétitivité de ce candidat dans des proportions considérables rendant probablement impossible toute victoire.

- Enfin, le parti doit être un outil de rassemblement. Or le PS est un lieu d'éclatements et non pas de rassemblement. Ce tableau montre que le PS est aujourd'hui en difficulté parce qu'il renonce à accepter les " nouvelles règles du jeu ".(...)

Dans ce contexte, le PS s'éloigne excessivement des règles de base des partis politiques modernes efficaces. (...)

A cet égard, les stratégies de Ségolène Royal, Dominique de Villepin et François Bayrou ont au moins un point commun : faire vivre le dialogue direct avec l'opinion pour que l'opinion impose sa force notamment aux partis politiques.

Une nouvelle étape dans la démocratie d'opinion est ouverte.

Lire l'article (EXPRIMEO)

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Un jour, un destin, l'interview de Ségolène Royal sur France 2

22 octobre 2009 -

Pour l'émission "un jour, un destin", Ségolène Royal était interviewée par Laurent Delahousse. 

Voici cette interview diffusée mardi 20 octobre sur France 2 :


 

Commentaire d'une amie (pratiquant le 2è degré... mais vous l'auriez sans doute deviné ;-)

Le documentaire était intéressant et quoi qu'on en pense, le rôle négatif des éléphants dans la campagne a été souligné, ainsi que la "probité" de Besson. Des vacheries subliminales des interviewés, on retiendra quand même qu'ils ont sacrément mis de l'eau dans leur vin depuis. Mosco aurait pu être abbé de cour : dans l'ondoiement et la retenue de la formule qui tue quand même, il a été "parfait".

Chemin (troussée jusqu'à la taille) et Bacqué ont poursuivi leur tâche.

Notons au passage l'élégance des commentaires d'un Villepin. Affaire de style. On ne va pas refaire le match. Elle aurait pu gagner. Tout le monde le sait ou bien le nie selon son degré d'appartenance au clan des pilleurs de gamelles.

Ensuite j'ai apprécié l'interview de Laurent Delahousse par Ségolène Royal. Un grand moment de télévision. Particulièrement calme, détendue et souriante, Ségolène a laissé son invité s'exprimer longuement, faire des digressions saugrenues et des voltes-faces nombreuses. Allant du tout aux détails en quelques secondes, il s'est fébrilement emparé du fil de la conversation pour donner en tout, et pour tout, son interprétation forcément indiscutable des faits.

N'hésitant pas à interrompre la journaliste qui tentait parfois, à sa demande, de préciser certains épisodes, il n'a pas hésité fermement à lui montrer qui était l'objet de l'émission. Du grand Delahousse. On brûle d'en apprendre davantage sur son parcours et ses projets, car il s'est peu livré en fin de compte.

Ségolène Royal n'a pas cherché à se mettre excessivement en valeur. Courtoise et bienveillante, elle lui a constamment "facilité" la tâche.

J'ai adoré son air goguenard. La lueur malicieuse dans son regard (cause toujours, beau merle !) que le butor, le nez dans le guidon et pressé d'en découdre pour la mettre en difficulté, a été incapable d'interpréter. Jusqu'à la fin. Marie-Ségolène lui a fait un joli pied de nez à propos de spiritualité. Mais sait-il de quoi il s'agit ce "winner" ?

Du beau travail Madame Royal.

Dianne

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